Transferts d’argent vers l’Afrique : les fintechs n’ont pas tenu les promesses des baisses radicales de coûts

  1. Accueil
  2. Uncategorized
  3. Détail de l'article
Transferts d’argent vers l’Afrique : les fintechs n’ont pas tenu les promesses des baisses radicales de coûts

Même si les coûts moyens de transferts d’argent vers l’Afrique subsaharienne sont en baisse, le FMI rappelle, dans une analyse, qu’on est loin de l’espoir d’une rupture que les observateurs prédisaient du fait de l’entrée des fintechs dans le secteur.

Selon une analyse menée par le Fonds monétaire international (FMI) sur des statistiques allant de 2011 à 2020, les baisses significatives des coûts de transferts d’argent à destination de l’Afrique subsaharienne, qui étaient attendues à l’entrée des fintechs comme opérateurs sur ce marché, ne se confirment pas. « Il n’y a non seulement aucune preuve de disruption (des prix sur les transferts), mais il est peu probable qu’elle se produise dans un avenir prévisible », ont fait savoir les analystes du FMI dans le document.

Cette réflexion s’est appuyée sur l’analyse comparative des coûts de transferts publiés dans une base de données de la Banque mondiale dédiée à cet effet. A la lecture de ces chiffres, on peut en effet observer que généralement, les coûts de transferts d’argent à destination de l’Afrique subsaharienne sont en baisse. Ils sont passés d’une moyenne de 13% en 2011, à un peu plus de 9% en 2020, la période de référence.

Pour renforcer son argumentaire, le FMI note qu’une disruption complète sur les coûts des transferts aurait été un accroissement significatif du gap entre les frais requis par les fintechs opérateurs de transferts d’argent et les banques. Contrairement à cela, ses analystes suggèrent que cet écart s’est même resserré, signifiant que les fintechs se sont alignées sur des marges de prix plus faibles que les banques, mais qui demeurent plus élevées que les coûts de transferts dans d’autres régions.

Le troisième argumentaire est que si l’on retrouve cinq pays d’Afrique subsaharienne (le Cameroun en tête) dans le top 20 des pays où les transferts d’argent en provenance de l’étranger ont les coûts les plus faibles, il y a aussi treize pays de la région dans le top 20 de ceux où les coûts de ces services sont les plus élevés (l’Angola en tête avec des charges qui atteignent 20%).

Les indicateurs de l’année 2021 et ceux des deux premiers trimestres de 2022 consultés par l’Agence Ecofin montrent que cette tendance baissière s’est poursuivie en 2021, mais s’est stabilisée en 2022, sûrement en raison de la dépréciation de la plupart des monnaies de cette région, qui rentre en ligne de compte dans le calcul du coût du transfert.

Le FMI pense que dans l’absolu les fintechs du secteur des transferts d’argent internationaux ont oublié que ces opérations comportaient des coûts cachés et presque incontournables, et que le modèle économique n’avait pas pris en compte tous les aspects. L’analyse n’examine toutefois pas si le niveau bas actuel des coûts moyens aurait été atteint si ces fintechs n’étaient pas intervenues créant de la compétition.

Laissez votre commentaire