SENIA 2024 : un hackathon IA multimodal et multilingue organisé au Bénin

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SENIA 2024 : un hackathon IA multimodal et multilingue organisé au Bénin

En prélude à la Semaine de l’entrepreneuriat numérique et de l’intelligence artificielle (SENIA) qui aura lieu les 16 et 17 mai prochain sur le thème : « IA et entrepreneuriat numérique : la convergence des possibilités », se déroule du 13 au 16 mai, un hackathon IA. C’est un challenge multimodal et multilingue au cours duquel la technologie rencontre la diversité linguistique et culturelle.

Le Bénin organise un hackathon multimodal et multilingue. C’est une première qui vise à développer des applications d’intelligence artificielle capables de transformer du texte ou de l’audio en images, et de l’audio en audio, en utilisant les dialectes locaux tels que le Fon, le Dendi et le Yoruba. Ce challenge veut promouvoir l’innovation dans les secteurs de l’audiovisuel, du tourisme et de l’agriculture, tout en préservant la richesse culturelle de nos communautés.

« Cet hackathon est inspiré par la volonté de mettre la technologie au service des langues béninoises. C’est une réelle problématique de nos jours de pouvoir mettre ces technologies à la disposition de nos populations pour leur donner davantage accès à l’information ou valoriser notre patrimoine culturel que beaucoup de personnes détiennent mais ne sont pas des locuteurs français ou anglais », déplore Mahuna Aplogan, l’un des organisateurs.

A travers ce projet, renchérit Kevin Degila, chef projet IA et data à l’Agence des systèmes d’information et du numérique (ASIN) : « nous voulons valoriser nos langues et les rendre accessibles sur l’outil informatique. Si nous arrivons à atteindre les objectifs, le touriste qui vient au Bénin et va dans une zone du Nord peut parler sa langue qui sera traduite à un autochtone qui ne parle que Dendi. Cela permettra aussi de nous reconnecter à notre patrimoine culturel, redécouvrir nos langues, et cela peut même être un outil d’apprentissage pour le Béninois qui ne parle pas forcément toutes les langues locales. »

Campagne de collecte de données

Dans ce prolongement, l’ASIN et le Ministère du numérique et de la digitalisation, en partenariat avec Sèmè City et iSheero ont lancé une campagne de collecte de données participatives dénommée #JaimeMaLangue. Elle vise à valoriser les langues locales béninoises et à enrichir la diversité linguistique dans le domaine de l’IA. Ainsi, un appel à contribution a été lancé. En ce qui concerne les lecteurs, les participants sont invités à lire un texte dans leur langue maternelle, décrire une image et envoyer leurs contributions sur la plateforme dédiée.

Par ailleurs, les personnes qui préfèrent parler sont conviées à envoyer par WhatsApp via un numéro dédié, une phrase dans leur langue locale et raconter une courte histoire. Grâce à ces contributions, une base de données robuste sera créée pour le développement d’outils capables de comprendre et d’interagir dans les langues nationales béninoises.

Les personnes intéressées peuvent participer au challenge de deux façons : le hackathon sur site qui se tient au palais de congrès de Cotonou et le hackathon en ligne est ouvert à toutes les personnes désireuses d’y participer à travers le monde. Au total, 1 990 participants de 60 pays différents, originaires de tous les continents sont représentés au challenge. Les propositions d’application peuvent se faire dans les deux catégories que sont : le sous-titrage de films en langues locales et la génération d’images à partir de contenus en langues locales.

« Approches novatrices et techniques »

La première catégorie fait appel aux applications proposant du sous-titrage du français ou de l’anglais vers des langues locales et qui permettent aux utilisateurs de synchroniser l’audio avec les sous-titres. Et la seconde catégorie porte sur les applications qui illustrent des récits en créant des images pour enrichir la narration et les pratiques agricoles qui promeuvent l’écotourisme, et visualisent des contes.

Pour Kevin Dégila : « Nous n’avons pas choisi un cas d’usage particulier sur lequel tout le monde doit travailler. Nous attendons vraiment de l’innovation afin que tout le monde puisse vraiment avoir la diversité. Ensuite, nous voulons qu’il y ait des approches novatrices et techniques. »

Le challenge est récompensé par des prix allant de 3 000 à 1 000 euros pour la compétition sur site et en ligne. Après le challenge, l’agence de développement de Sèmè City, partenaire du projet, va incuber les initiatives sélectionnées afin de créer des innovations utiles pouvant déboucher sur une entreprise IA.

Michaël Tchokpodo

(Source : CIO Mag, 15 mai 2024)

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