Recrudescence des cyberattaques : Le Sénégal dans le viseur des hackers

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Recrudescence des cyberattaques : Le Sénégal dans le viseur des hackers

Ces dernières années sont marquées par de nombreuses cyberattaques ayant touché le monde entier. Face au risque élevé, chaque pays y va de ses stratégies pour se protéger. Au Sénégal où ces attaques sont également notées, il faudra plus de vigilance pour sécuriser le cyber espace.

Selon l’enquête annuelle de Sophos (2022), les cyberattaques ont touché 66 % des entreprises dans le monde, soit deux fois plus qu’en 2020 et le Sénégal n’est pas à l’abri de ces attaques. En atteste le supposé piratage de l’Autorité de régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) par un groupe de Hackeurs, Karakurk, qui a été largement relayé, hier par la presse.

Ahmadou Bamba Thiam, expert en cybersécurité et cybercriminalité revient sur cet « effet de mode » qui met en alerte le monde entier et dont les victimes n’ont pas une connaissance éclairée de la nature et de la durée du processus nécessaire à la réparation des dommages subis.

« Nous avons noté une recrudescence des cyberattaques ciblant plusieurs pays et le Sénégal n’est pas épargné », a-t-il alerté rappelant que le site de l’Agence de l’informatique de l’État (ADIE) avait déJà fait l’objet d’une attaque.

Pour revenir à la définition de la cyberattaque, le spécialiste rappelle que « c‘est un acte criminel qui peut être l’action d’une personne isolée, d’un groupe ou d’un état ». M. Thiam de rappeler également que plusieurs Etats utilisent les cyberattaques pour déstabiliser les adversaires. « Les cyberattaques ont fait de la cybersécurité l’une des préoccupations majeures des entreprises des organisations gouvernementales, des banques, des institutions financières à travers le monde.

Aucun pays dans le monde n’est à l’abri plus particulièrement le Sénégal », a-t-il souligné.

Ce dernier de lancer une alerte sur le phénomène. A l’en croire, la notion de sécurité a changé et qu’il faudra impérativement s’adapter : « cela est valable aussi bien pour l’Etat que pour les entreprises et les utilisateurs que nous sommes », a-t-il prévenu avant de rappeler l’urgence pour les gouvernements, les entreprises et les acteurs concernés de mettre en place « des solutions de, cybersécurité plus perspicaces et plus efficaces face aux cyber-menaces ».

Ahmadou Bamba Thiam qui interpelle les usagers sur la gravité de la situation la compare « aux malades atteints de diabète à qui on prescrit du sucre anti-diabetique alors que le mal est plus profond ».
M. Thiam de préciser que des cyberattaques, il en existe au Sénégal, seulement, les entreprises ou organisations victimes ne reconnaissent pas qu’elles ont été attaquées par peur de perdre leur crédibilité, « à moins que cela soit vraiment flagrant ».
L’expert donne l’exemple de cyberattaques comme la ransomwear (rançon) qui est une méthode de kidnapping hautement sophistiqué qui utilise des clés cryptographiques pour coder les données informatiques des entreprises ou des organisations gouvernementales et en retour leur exiger le paiement d’une « rançon » pour recevoir la clé qui permet à ces victimes de décrypter ou de décoder les informations volées : « dans une attaque ransomwear réussie, vos données et vos informations peuvent être effacées si vous ne payez pas la rançon », a-t-il expliqué.

Ces bandits du net, une fois, leur forfait terminé, envoient la preuve de leur attaque à leurs victimes dans le but de leur mettre la pression : « ils leur envoient des captures d’écran pour les obliger à coopérer. Ils fournissent aussi les preuves de leur cyberattaque contre l’entreprise ou l’institution gouvernementale en envoyant des copies de répertoires ou des fichiers volés comme preuve des données des informations qui ont été volées ou bien la défiguration des sites internet de l’entreprise ou de l’organisation gouvernementale ou la publication sur d’autres sites internet des captures d’écran des données confidentielles résultant de ces cyberattaques », a-t-il renseigné.

Pour juguler ce mal, Ahmadou Bamba Thiam demande aux autorités d’impliquer les « bonnes personnes » dans la lutte : « en général, au Sénégal, les visions et les stratégies sont bonnes mais dans l’exécution, ce qui pose problème c’est la présence des experts dans les domaines concernés sauf dans celui de la cyber-sécurité ».

Pour rappel, Ahmadou Bamba Thiam est également formateur dans plusieurs écoles de défense et de sécurité, il est également fondateur de l’association TIC (Technologie, information, communicatión) qui sensibilise les gouvernements et les entreprises sur les dangers d’Internet et du mobile.

Mariama Kobar Saleh de l’Indépendant

(Source : Social Net Link, 3 novembre 2022)

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