Quand l’Afrique s’éveille à la 5G

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En 2011, la grande majorité des pays africains découvraient l’Internet haut débit avec le déploiement progressif de la 3G[1]. Près de dix années plus tard, l’adoption du réseau 4G s’est démocratisée relativement rapidement, le pourcentage de connexions s’établissant à 12% en 2020 en Afrique subsaharienne et pourrait atteindre 28% dans trois ans dans la région[2]. L’avènement timide mais prometteur de la 5G, selon des voix qui se font de plus en plus nombreuses sur le continent, vient quant à lui ouvrir de nouvelles perspectives dans de nombreux secteurs clés de l’économie, tels que le commerce, la santé, ou encore le développement de villes intelligentes, les smart cities. Technologie de rupture, la 5G semble donc ouvrir un champ des possibles pour l’Afrique, qu’il convient d’exploiter afin de libérer le potentiel numérique du continent.

Le voyage itinérant vers la 5G en Afrique

Le lancement de la 2G, puis le passage de la 3G à la 4G et enfin l’éveillement progressif de l’Afrique au réseau 5G, ont mis rétrospectivement moins de temps sur le continent qu’aux États-Unis ou en Europe, où près de vingt années ont été nécessaires à l’évolution du spectre des fréquences. Cette comparaison illustre le fort dynamisme de la révolution numérique en Afrique, où opérateurs et équipementiers se mobilisent afin d’être fin prêts pour accueillir cette nouvelle technologie d’hyper-connectivité.

Depuis deux ans, le nombre de réseaux, d’utilisateurs et d’appareils 5G n’ont cessé d’augmenter dans le monde. A la fin de l’année 2021, quelques 176 opérateurs mobiles avaient déployé des réseaux 5G commerciaux, dans 70 marchés dans le monde, selon la GSMA[3]. Sur le continent africain, si le voyage vers la 5G a commencé il y a quelques années, il n’en est encore qu’à un stade préliminaire. En août 2018, le Lesotho a ainsi été le premier pays africain à déployer le tout premier réseau commercial à très haut débit, sous l’impulsion de l’opérateur de téléphonie mobile Vodacom. Quatre ans plus tard, ils sont 12 opérateurs télécom dans 10 marchés à avoir lancé la 5G en Afrique. Parmi ces marchés, nous pouvons notamment citer l’Afrique du Sud, le Togo, l’Éthiopie, le Nigéria, ou encore la Tanzanie.[4] Le déploiement commercial de cette technologie dans de nombreuses régions du continent devrait devenir une réalité en 2023, d’après le Directeur général de l’Organisation arabe des technologies de l’information et de la communication (AICTO), constituant ainsi la troisième vague d’implantation du marché de la 5G dans le monde, disait-il lors de l’Africa 5G Summit, co-organisé avec Huawei le 24 octobre 2022.

La 5G semble donc séduire de plus en plus, à tel point que l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA) a revu à la hausse ses estimations en termes de connexions 5G. Ainsi, en janvier 2022, la GSMA soulignait que le pourcentage de connexions 5G en Afrique subsaharienne d’ici 2025 s’établirait à 4% des connexions mobiles de la région, après avoir pourtant affirmé en 2021 que celui-ci ne pourrait dépasser les 3%.[5] 

Le déploiement de la 5G appelé à dynamiser les économies en Afrique

Bien loin d’être réservée aux usages des particuliers – le prix, élevé des téléphones compatibles avec la 5G n’étant pas accessible à tous -, cette nouvelle technologie jouera avant tout un rôle essentiel dans le secteur industriel et des services, à hauteur de 70% selon certains experts[6]. Ce faisant, son impact sur l’économie des pays africains, et notamment l’économie numérique, en sera bénéfique. Des secteurs stratégiques tels que le commerce, l’agriculture, la santé, l’éducation, ou encore les transports, en seront profondément modifiés. La 5G pourra alors faire naître de nouveaux usages, vecteurs d’innovations et conditionnant, de facto, le développement socio-économique des États.

Avec un débit dix fois supérieur au réseau 4G, la 5G sera dès lors en mesure de traiter et d’exploiter d’importants volumes de données, eu égard à la forte croissance démographique sur le continent : en effet, d’ici à 2050, la moitié de la population aura moins de 25 ans et sera née dans ce que nous pouvons résumer par « l’ère du tout-digital ». Le rôle bénéfique de la connectivité n’étant aujourd’hui plus à démontrer, le réseau 5G, présenté à maintes reprises comme la technologie de l’hyper-connectivité, ouvrira alors de nouvelles perspectives économiques en Afrique, en apportant notamment une efficacité opérationnelle dans de nombreux secteurs d’activité. Associée à des technologies comme l’intelligence artificielle (IA) ou l’Internet des Objets (IoT), la 5G pourra par exemple, dans le domaine de la santé, élaborer des schémas afin d’identifier la manière dont la maladie se propage, afin d’aider les gouvernements à apporter des réponses sanitaires plus efficaces.

Dans le secteur du commerce, ce réseau apportera sa pierre à l’édifice à la transformation numérique en cours sur le continent depuis plusieurs années déjà. Ce sera ainsi l’opportunité d’améliorer le suivi et les temps de livraison des marchandises. Dans l’agriculture, il sera possible, avec la 5G d’améliorer la productivité et la rentabilité, en surveillant l’exploitation, la pluviométrie et les indicateurs pour l’arrosage.

Ainsi que le soulignent ces quelques exemples, la technologie 5G, loin d’être adaptée au grand public, est avant tout destinée à l’amélioration des écosystèmes industriels et économiques. Conscientes de l’importance que revêt la 5G dans la transformation numérique, Huawei a ainsi organisé, en partenariat avec l’AICTO, la toute première édition de l’Africa 5G Summit, ce 24 octobre 2022, à Bangkok. Présenté comme une plateforme conçue pour impulser les futures étapes clés du développement de l’industrie des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication), cet événement avait notamment pour objectif de favoriser des débats et échanges constructifs entre les régulateurs gouvernementaux ainsi que les opérateurs et équipementiers des principaux marchés de la 5G dans la région. L’Africa 5G Summit vient parallèlement souligner la place que prendra le continent africain, dans un futur proche, dans le déploiement de cette technologie de pointe. L’opérateur télécoms Orange accorde également une place prépondérante à ce réseau, espérant l’étendre au sein de 16 de ses filiales africaines (sur 18) d’ici 2025[7].

Des avancées qui nécessitent, malgré tout, des investissements conséquents

Le paysage technologique devant accompagner le développement socio-économique des pays, Huawei est convaincu des opportunités que représente le déploiement, dans les prochaines années, du réseau 5G pour les pays africains. En effet, selon les recherches menées par le cabinet Roland Berger et Oxford Economics, 1 dollar d’investissement dans la 5G devrait apporter 26 dollars de PIB aux économies émergentes d’ici à 2023[8]. Par conséquent, le développement de l’industrie de la 5G est crucial pour promouvoir le développement de l’économie numérique des pays.

Alors que l’Afrique s’engage avec force et vigueur dans le tourbillon de la transformation numérique, il est essentiel pour les États d’investir davantage pour faire profiter à tout un chacun des dividendes de l’industrie 4.0. Pour cela, il importe donc de renforcer l’inclusion numérique, celle-ci reposant sur une connectivité de haute qualité accessible à tous et partout. La firme américaine Google a ainsi affirmé son engagement envers le continent africain pour soutenir sa transformation numérique. Elle a ainsi annoncé un plan d’investissements à hauteur d’un milliard de dollars sur cinq ans en octobre 2021 pour favoriser notamment un accès plus rapide et abordable à Internet.[9] Au cœur de ce projet, le câble sous-marin Equiano, officiellement lancé en mars 2022 au Togo – premier pays à être relié par ce câble -, afin de favoriser le haut-débit via la fibre optique sur le continent. Par ailleurs, afin de faire face à ce défi de l’inclusion, Huawei a par exemple déployé la solution RuralStar Pro dans une dizaine de pays africains, permettant ainsi aux villages les plus reculés d’avoir accès à une connexion Internet de qualité, la transformation numérique de ces derniers étant de facto possible et significative.

Outre les investissements en termes d’infrastructures, l’entreprise chinoise est persuadée que la formation aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) est essentielle, dans le sens où elle est un facteur de croissance et de réduction de la fracture numérique. En effet, le développement de la 5G repose sur un certain nombre de moteurs, parmi lesquels une population jeune dotée de compétences numériques accrues et ayant accès à des infrastructures durables et plus abordables. En effet, populariser les usages des nouvelles technologies s’avère essentiel afin de permettre le déploiement rapide de la 5G. Le projet ICT Academy lancé dans 12 pays de la région Northern Africa enseigne notamment aux étudiants des compétences et connaissances sur des technologies de pointe que sont par exemple l’IA, le cloud et la 5G.

Enfin, ces deux premiers points ne pourront être pleinement effectifs sans un soutien mutuel des secteurs public et privé. Militant pour une approche collaborative reposant sur des partenariats publics-privés (PPP), opérateurs et équipementiers appellent l’ensemble des parties prenantes de l’écosystème à se mobiliser pour favoriser la pénétration de la 5G en Afrique. Dans ce contexte, les gouvernements de la région ont un rôle essentiel à jouer et doivent s’emparer du sujet avec une véritable ardeur, afin de ne pas manquer la locomotive de la révolution numérique.

Avec la 5G, une nouvelle ère de l’Internet mobile semble progressivement voir le jour dans le monde, l’Afrique n’y faisant pas défaut. Affichée comme une priorité sur le continent pour 2023, cette nouvelle technologie présente de nombreux avantages, notamment pour le secteur industriel, qu’il importe de soutenir, d’encourager et d’accompagner pour faire pleinement émerger le potentiel numérique de l’Afrique.

[1] « Internet en Afrique : dix ans d’évolution, d’impact sur la vie de millions de personnes, mais aussi des défis », We Are Tech Africa, avril 2022.

[2] « L’Économie mobile. Afrique subsaharienne 2021 », GSMA, 2021.

[3] « Feuilles de route pour l’attribution du spectre 5G : Afrique subsaharienne », GSMA, 2021.

[4] « L’Afrique subsaharienne adopte la 5G plus rapidement que ce que prédisaient les experts », Agence Ecofin, septembre 2022.

[5] Ibid.

[6] « Muriel Edjo : “La 5G, c’est la clé d’une transformation profonde des conditions de vie de l’Africain moyen” », Agence Ecofin, octobre 2022.

[7] « Télécoms : à Abidjan, Orange réaffirme ses ambitions pour l’Afrique », Jeune Afrique, septembre 2022.

[8] Discours du Directeur général de l’AICTO, prononcé lors de l’Africa 5G Summit.

[9] « Google prévoit pour l’Afrique un milliard de dollars d’investissement sur cinq ans », Sud-Ouest, octobre 2021.

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