Le GITEX Africa, catalyseur de l’innovation et de la coopération technologique sur le continent 

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Un succès retentissant pour la technologie africaine, telle est la description que nous pourrions faire du GITEX Africa, qui, placé sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a réuni plus de 1 500 exposants représentant plus de 130 pays. La ville ocre a confirmé son attrait croissant avec la présence de quelque 50 000 visiteurs, soulignant ainsi la confiance accordée au Maroc en tant que hub technologique en Afrique. Pour sa deuxième édition, le GITEX Africa a non seulement consolidé la position du Royaume chérifien dans l’écosystème technologique, mais a parallèlement renforcé le rôle de l’Afrique comme centre d’innovation technologique mondial. 

L’Afrique, la nouvelle Silicon Valley mondiale ? 

Leaders technologiques, start-ups visionnaires, investisseurs à l’affût des prochaines licornes, visiteurs curieux et passionnés par le numérique, tous se sont donnés rendez-vous dans les 21 halls du GITEX Africa, du 29 au 31 mai 2024. L’événement a connu un succès retentissant, comme en témoigne la croissance significative de la participation. Le nombre d’exposants est ainsi passé de 900 à 1 500, tandis que celui des start-ups a doublé, passant de 400 à 800. Le nombre de visiteurs, quant à lui, a bondi de 30 000 à 50 000. Enfin, la présence de 400 investisseurs, dont 70% venus de l’étranger, a souligné l’attrait mondial pour le potentiel technologique africain et de facto, sa reconnaissance à l’échelle internationale. 

Plus qu’un simple salon technologique, le GITEX Africa s’est imposé comme une grand-messe célébrant l’innovation, l’ingéniosité humaine, l’audace et la collaboration. L’événement a notamment proposé aux acteurs présents plusieurs rendez-vous incontournables : le Gitex Africa Digital Summit, le AI Everything, le Forum sur la cybersécurité, le Sommet sur la finance digitale, le Gitex Impact Africa et le World Future Health Africa, tous visant à mettre en avant le rôle transformateur de la technologie dans des secteurs clés du développement socio-économique. Ces événements phares ont rassemblé divers acteurs pour discuter des grandes innovations et des transformations technologiques au service des enjeux sociétaux, économiques et humains du continent. 

Des entreprises majeures telles qu’Amazon, Atos, Kaspersky, Orange, Thales, et bien d’autres, ont participé à cette seconde édition, soulignant ainsi l’importance de cet événement sur la scène internationale et l’ambition affichée de placer l’Afrique parmi les puissances technologiques mondiales. Parmi ces géants, Huawei a réaffirmé son engagement pour une transformation numérique durable, pérenne, inclusive et collaborative. Dans la lignée de sa stratégie “Accelerate Intelligence for New Africa1annoncée en septembre dernier à Shanghai, et conformément à sa proposition de valeur “Building New Infrastructure, Developing New Ecosystems and Creating New Value Together2”, l’entreprise a dévoilé de nombreux nouveaux services adaptés aux besoins et défis spécifiques des populations sur le continent. Elle a également réitéré son engagement à réduire le fossé numérique en Afrique en construisant des infrastructures robustes, en facilitant l’accès à la formation pour la jeunesse africaine et en proposant des solutions adaptées à chaque secteur industriel. 

Au-delà des grandes entreprises internationales, le GITEX Africa a également mis à l’honneur les start-ups africaines. La North Star Africa, au cœur de l’événement, a en effet illustré de manière significative le dynamisme de l’entrepreneuriat africain en rassemblant quelque 700 start-ups venues de 45 pays, dont 200 du Maroc. Actives dans des domaines tels que la blockchain, l’agroalimentaire, la mobilité durable et la gestion des déchets, ces jeunes pousses traduisent le dynamisme de cet écosystème toujours plus innovant. En effet, malgré un ralentissement mondial du capital-risque, les start-ups technologiques africaines avaient levé un total de près de 7 milliards de dollars en 2022, un chiffre en hausse de 8% par rapport à 20213. Pour le seul mois de mai 2024, les pépites africaines ont levé 187 millions de dollars, soit une augmentation de près de 150% par rapport aux 75 millions de dollars levés en avril4. Des chiffres conséquents et impressionnants. D’ici 2025, les prévisions de levées de fonds sont estimées à 10 milliards de dollars en capital-risque5, renforçant davantage leur rôle de pionniers dans cette Quatrième Révolution industrielle. A travers la North Star Africa, l’objectif consiste également à positionner le GITEX comme un véritable tremplin pour les start-ups africaines en quête de financement et d’expertise. 

L’ambition du GITEX est donc claire : accélérer les innovations et les transformations nécessaires pour relever les grands défis du continent. Bien que le rythme de la transformation numérique varie d’un pays à l’autre, l’Afrique manifeste un intérêt croissant pour cette effervescence technologique. Tous les ingrédients sont réunis pour que l’Afrique excelle dans le domaine technologique. Avec le soutien croissant des investisseurs internationaux et un intérêt marqué pour l’innovation numérique, l’Afrique est en bonne voie pour devenir un acteur majeur sur la scène technologique mondiale. Le GITEX Africa en est la preuve éclatante, démontrant que l’Afrique pourrait bel et bien devenir la nouvelle Silicon Valley mondiale. 

L’intelligence artificielle, le nouvel horizon africain 

Parmi les nombreux sujets abordés au cours de ces trois jours, une attention particulière a été portée à la santé, à la cybersécurité, à la durabilité et à l’intelligence artificielle. L’IA, omniprésente dans les discussions et particulièrement courtisée, suscite un vif intérêt et un véritable engouement grâce à son potentiel extraordinaire et audacieux de transformation dans divers secteurs. De la cybersécurité au cloud computing, en passant par la finance, la santé, l’agriculture et l’éducation, l’IA démontre une capacité impressionnante à révolutionner ces domaines, alimentant ainsi les espoirs et les promesses d’une prospérité accrue pour l’Afrique, le deuxième continent le plus peuplé au monde après l’Asie. 

Des drones autonomes livrant des fournitures médicales dans des régions reculées du Rwanda et du Ghana, des technologies d’IA fournissant des analyses agricoles détaillées en Afrique du Sud, ou améliorant la qualité de la production et réduisant les déchets dans les industries automobile, des biens de consommation et de la métallurgie, l’Afrique adopte l’IA avec enthousiasme. Bien que le continent ait manqué la révolution industrielle, il est déterminé à se mettre au diapason de la Quatrième Révolution industrielle en cours, centrée sur l’IA. En favorisant le développement des infrastructures numériques, en adaptant rapidement l’écosystème numérique et en insufflant une nouvelle dynamique aux administrations et aux industries nationales, les pays et les secteurs pourront opérer leur transformation digitale. Tel est en substance le message essentiel partagé lors du Huawei Morocco Digital Summit pendant le GITEX, organisé sous le thème “Accelerate Intelligence for Digital Morocco6

Lors d’une table ronde organisée en marge du GITEX Africa, Colin Hu, President of Enterprise & Cloud Business, Huawei Northern Africa, a indiqué à juste titre : « On dit souvent que l’Afrique est en retard, mais cela représente aussi et surtout une opportunité. Par exemple, en Europe, les cartes bancaires sont couramment utilisées, tandis qu’en Mauritanie, le paiement mobile est la norme. Dans les pays développés, il faut adapter les modèles existants, alors qu’en Afrique, il y a une opportunité majeure de sauter des étapes et d’adopter directement des technologies de pointe. » 

Ce leapfrog technologique est tout particulièrement visible dans les secteurs à forte valeur ajoutée que sont le cloud et l’intelligence artificielle. En témoignent les prévisions éloquentes du rapport de PwC de 2017. L’IA a en effet le potentiel de contribuer à hauteur de 15,7% du PIB africain, d’ajouter une valeur de 1,2 milliard de dollars et de créer jusqu’à 20 millions d’emplois en Afrique d’ici moins de 10 ans7. Ces chiffres soulignent le potentiel immense de cette technologie disruptive en tant que moteur d’innovation et de développement en Afrique, incitant ainsi gouvernements et entreprises à en tirer profit de manière judicieuse. 

Néanmoins, l’adoption de l’IA en Afrique doit encore surmonter plusieurs défis. Dans de nombreuses régions, les infrastructures technologiques restent insuffisantes, et l’accès à Internet est limité, ce qui freine la diffusion et l’utilisation des technologies de l’IA. Le continent est également confronté à une pénurie de compétences spécialisées nécessaires pour développer et maintenir des systèmes d’IA, ainsi qu’à un manque de régulations adaptées pour encadrer son déploiement. 

Cependant, l’engagement croissant des gouvernements, des entreprises et des institutions académiques laisse entrevoir un avenir où les services intelligents pourraient jouer un rôle clé dans le développement durable de l’Afrique. En marge du GITEX, le groupe marocain Holmarcom présent dans les domaines de la finance, de l’immobilier, de l’agriculture, de l’industrie et de la distribution, a annoncé le lancement du centre de formation AI Institute à Casablanca, ouvrant ainsi la voie à des opportunités d’apprentissage et de développement professionnel dans ce secteur en pleine expansion. La Banque Africaine de Développement (BAD) a quant à elle annoncé début juin son partenariat avec la firme technologique Intel pour former 3 millions d’Africains et doter 30 000 fonctionnaires de compétences en matière d’IA. 

Ainsi, en tirant parti de ses atouts démographiques, de son dynamisme entrepreneurial, de ses richesses naturelles, de son développement technologique fulgurant, tout en relevant les défis qui se dressent encore sur le chemin, l’Afrique pourrait non seulement combler son retard, mais aussi se positionner à la pointe de la révolution technologique mondiale. 

Si la seconde édition du GITEX Africa a non seulement positionné le Maroc comme un véritable hub technologique en Afrique, elle a également consolidé la position du continent comme un carrefour de l’innovation. En attirant l’attention mondiale et en favorisant des échanges fructueux entre entrepreneurs, investisseurs et experts du secteur, cet événement a renforcé l’influence de l’Afrique sur la scène technologique mondiale. De plus, il a démontré le potentiel de la région à devenir un leader dans la révolution numérique qui se joue actuellement, en mettant en lumière des solutions technologiques adaptées aux défis locaux et globaux. 

1 *Accélérer l’intelligence pour une nouvelle Afrique 

2 *Construire de nouvelles infrastructures, développer de nouveaux écosystèmes et créer de nouvelles valeurs ensemble

3 “Au Maroc, le GITEX Africa 2024 s’apprête à recevoir les leaders mondiaux de la technologie et des start-ups”, Maddyness, mars 2024. 

4 “Les start-ups africaines explosent avec 187 millions de dollars en mai”, Afrique IT News, juin 2024. 5 “Les perspectives prometteuses du Gitex Africa 2024”, L’Observateur du Maroc, 16 mai 2024. 

6 *Accélérer l’intelligence pour un Maroc Numérique 

7 “L’intelligence artificielle au service de la cybersécurité en Afrique : A quoi faut-il s’attendre ?”, Africa Cybersecurity Magazine, janvier 2024. 

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