Interview avec Isadora Bigourdan, COO chez Digital Africa

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Depuis 2018, l’initiative Digital Africa s’attèle à soutenir les entrepreneurs africains. Elle a récemment lancé Fuzé, un nouveau programme de financement ciblant les startups en phase de démarrage. Afrique IT News a interrogé Isadora Bigourdan sur le sujet. La COO de Digital Africa en a présenté les enjeux.

En 2018, le président français Emmanuel Macron a annoncé un engagement de 65 millions d’euros à l’endroit des startups africaines, dans le cadre de l’initiative Digital Africa. Pouvez-vous en rappeler les objectifs, les enjeux et décrire le chemin parcouru jusqu’ici ?

Digital Africa a été lancé lors de Vivatech 2018, avec une mission claire : renforcer la capacité des entrepreneurs numériques africains à concevoir et déployer à grande échelle des innovations de rupture au service de l’économie réelle. Devenu en juin 2022 une filiale de Proparco, Digital Africa est désormais l’opérateur français unique en charge de l’accompagnement des startups numériques en amorçage sur le continent, sur les volets non financier, financier et plaidoyer, de l’idéation au passage à l’échelle.  

En s’appuyant sur un diagnostic clair des besoins des entrepreneurs sur le terrain, Digital Africa a structuré un continuum d’offres complet pour soutenir les entrepreneurs autour de trois principaux domaines d’intervention. 

D’abord sur le plan des compétences, nous apportons un soutien aux startups numériques à fort potentiel d’impact par un renforcement des compétences des fondateurs mais également de leurs équipes, en facilitant notamment l’accès à un pool de talents formés sur les compétences qu’elles recherchent. 

Ensuite, sur le volet financier, à travers la mobilisation et la facilitation de l’accès aux financements en Afrique et partout dans le monde pour assurer le passage à l’échelle des innovations tech africaines. 

Enfin, Digital Africa accompagne des politiques publiques “Made in Africa” favorables aux entrepreneurs numériques innovants en Afrique, en soutenant notamment des programmes de recherche ciblés sur des problématiques précises et “Africa centrics”. Notre faculté d’actionner l’ensemble des leviers pertinents, toujours en lien étroit avec un réseau de partenaires engagés dans les écosystèmes du continent, est aujourd’hui unique dans l’écosystème tech africain.

Depuis 2020, nous avons lancé plusieurs projets témoignant de notre volonté de proposer des solutions agiles pour répondre rapidement aux besoins des entrepreneurs. En partenariat avec Proparco, plusieurs investissements ont été faits dans des fonds VC et plus de 10 startups ont pu profiter d’un investissement direct. A travers le programme Bridge, 11 startups ont pu bénéficier d’une ligne de crédit rapide pour faire face à des tensions de trésorerie. Parallèlement, notre programme de bourses Talent4StartUp vise à répondre à l’enjeu de l’employabilité des jeunes talents en les formant sur les compétences recherchées par les startups du continent ; 280 jeunes ont ainsi été formés et placés en start-up à travers sa version pilote. Il y a quelques semaines nous avons dévoilé notre nouveau projet Fuzé, destiné à permettre aux startups opérant en Afrique francophone d’amorcer leur activité et de se focaliser sur leurs efforts de développement à travers des tickets de 20 000€ à 50 000€. À travers notre projet pilote Data 4 Digital Africa, organisation data centrics qui facilite l’accès à la donnée ouverte à notre communauté, nous proposons aux acteurs de l’agritech de travailler ensemble à partager et organiser la data. Nous avons également développé le média Resilient Digital Africa pour donner de la visibilité aux changemakers de la tech africaine. Enfin, à travers la communauté Africa Next, ce sont plus de 60 startups qui ont pu pitcher devant 100 investisseurs en quête d’opportunités et ainsi lever des fonds pour une dizaine d’entre elles. 

Le fonds Fuzé, récemment lancé, est dédié aux startups en phase de démarrage. Combien d’entre elles précisément et quels sont les critères exacts qu’elles doivent remplir ?

Fuzé est doté d’une enveloppe de 6,5M€ déployée sous la forme de tickets d’idéation de 20K€, des tickets de follow-on de 30K€ ainsi que des tickets cumulés de 50K€. L’objectif est de pouvoir financer le plus grand nombre de startups en Afrique francophone et de continuer à le faire tant que ces startups font de la croissance. Au lancement, nous testons un premier ticket d’idéation avec comme condition que la startup soit d’abord incorporée c’est-à-dire juridiquement constituée, que l’un des co-fondateurs soit ressortissant d’un des pays de la zone couverte, que la startup opère dans l’un des pays d’Afrique francophone et qu’elle détienne une solution technologique. Dans une logique de communauté, et soucieux de soutenir des startups ancrées dans leur écosystème, nous priorisons les startups accompagnées par des structures d’appui ou de financement reconnues. 

Quel que soit le stade de croissance de sa startup, un entrepreneur n’est pas contre l’idée de recevoir un maximum de fonds. Cependant, Fuzé ne prévoit pas de financement supérieur à 50 000 euros par projet. Pourquoi cette limite ?

Il ne s’agit pas de limite. Il s’agit de répondre à un besoin spécifique à un stade de développement précis de la startup. Digital Africa à travers d’autres projets continuera à soutenir les startups à des stades plus avancés de croissance. Par exemple, en partenariat avec Proparco, nous avons lancé en 2020 Bridge Fund by Digital Africa, qui apporte des financements relais avec des montants variant entre 200 000 et 600 000 € ou encore Africa Next, en partenariat avec BPI France, qui regroupe une communauté d’investisseurs prêts à investir dans des startups qui cherchent à lever entre 1M€ et 10M€. L’idée de Fuzé est de répondre à ce besoin spécifique de financement de la startup au démarrage de son activité puis de l’inscrire dans un continuum avec les outils adaptés, en fonction de sa croissance. 

Fuzé est ouvert aux startups du Rwanda, du Maroc, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et de la Tunisie. Quels sont les pays qui suivront et quand ?

Nous sommes sur une phase de lancement. Nous commençons avec ces pays mais l’objectif est de pouvoir rapidement monter en échelle et cibler, à partir du début de l’année prochaine, l’ensemble des 25 pays d’Afrique francophone. 

Comment Fuzé est accueilli par les entrepreneurs et l’écosystème jusqu’ici et que pensez-vous que sera son impact d’ici 2025 ?

Nous sommes déjà au premier mois depuis le lancement et nous notons déjà un nombre conséquent de candidatures de la part des startups mais également des structures d’accompagnement. Nous avons déjà signé plusieurs partenariats et nous sommes parvenus à finaliser notre premier deal avec la startup sénégalaise Neolean. Nous mettons ainsi en œuvre notre volonté de déployer rapidement le dispositif. Nous nous sommes engagés à soutenir plus de 100 startups d’ici 2025 et sommes déterminés à identifier ces pépites, avec l’aide de notre réseau de partenaires acteurs de l’écosystème. 

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