Frank Kié : « Les enjeux sur la cybersécurité doivent être au cœur du débat en Afrique »

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Grand rendez-vous mondial de la connectivité, le Mobile World Congress (MWC) est une plateforme idéale pour parler de la cybersécurité. Frank Kié, vice-président de la Fondation Future Africa, consultant en cybersécurité et organisateur du Cyber Africa Forum apporte des éclairages sur les défis, dans ce domaine, auxquels sont confrontés les États, les entreprises et les populations en Afrique. Présent à Barcelone pour le congrès, il a accordé un entretien à Afrique IT News au sujet de cette thématique essentielle. Il a aussi donné des précisions sur le Cyber Africa Forum 2023, qui se déroulera à Abidjan les 24 et 25 avril prochains. 

AitnVous êtes présent à Barcelone dans le cadre du MWC, quelles sont vos attentes pour l’édition de cette année ?

Frank Kié – Nous avons fait le déplacement pour plusieurs raisons. D’abord, nous voulons rencontrer nos sponsors et partenaires principaux qui nous accompagnent, chaque année, lors du Cyber Africa Forum (CAF). Nous échangeons sur la préparation de notre prochain événement. Ensuite, il s’agit d’échanger avec nos speakers et invités de premier plan, qui sont des décideurs du secteur public et du secteur privé, qui ont aussi fait le déplacement pour ce MWC. Et puis, naturellement, en tant qu’organisateurs d’événements, nous venons au MWC pour nous inspirer de ce qui se fait de mieux et voir les innovations à adopter. Nous voulons rendre notre plateforme encore meilleure. 

Cette année, quels seront les thèmes majeurs qui seront abordés au Cyber Africa Forum ? 

Pour l’édition de cette année, nous parlerons principalement des enjeux, solutions et partenariats pour sécuriser la transformation digitale de l’Afrique. Nous avons remarqué, dernièrement, une recrudescence des cyberattaques dans tous les secteurs, aussi bien publics que privés. Sans les solutions adéquates, sans les partenariats qu’il faut et sans les structures de gouvernance nécessaires, ce sera compliqué pour nos États de s’attaquer aux défis immenses. Tous ces enjeux doivent être au cœur des débats.

Quel est l’état des lieux véritable de la cybersécurité dans les pays de la sous-région ?

Cela dépend des pays, mais il y a de plus en plus de moyens pour se protéger. Ce que nous constatons, en tout cas, depuis quelques années, c’est une grande prise de conscience. 

Et puis des moyens sont déployés et mis en œuvre. De nombreuses agences nationales ont été créées. Des lois ont été adoptées pour renforcer la confiance numérique. Il y a une vraie dynamique qui est en train de se mettre en place.  

Précisément, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, quelles sont les mesures concrètes mises en œuvre pour parer à la cybercriminalité ?

Frank Kié – Aujourd’hui, par exemple, au Sénégal, il y a une unité de lutte contre la cybercriminalité. Le Sénégal s’est aussi doté d’une École nationale de cybersécurité à vocation régionale. 

La Côte d’Ivoire a une plateforme de lutte contre la cybercriminalité. Il y a, à peu près un an et demi, le gouvernement ivoirien a annoncé la création d’une agence nationale de cybersécurité.

Le Togo, le Bénin, la Guinée et le Burkina Faso ont des agences. Ces différentes structures travaillent avec Expertise France, à travers un programme de renforcement de capacités et de moyens, piloté par la CEDEAO. 

En Afrique Centrale, il y a un décret au Congo Brazzaville pour la création d’une agence. C’est le cas aussi en République Démocratique du Congo. Les choses avancent dans le bon sens, il faut s’en féliciter. Il y a aussi, de plus en plus, la participation du secteur privé, avec plus d’opérateurs qui commencent à proposer des solutions. Toute cette dynamique va dans la bonne direction. 

Concernant les populations, sont-elles aussi prises en compte, afin de les aider à comprendre les enjeux de la cybersécurité ?

Forcément, le levier pour l’utilisation adéquate du numérique et la digitalisation des procédures doit passer par l’éducation nationale. À mon avis, il faut sensibiliser les jeunes à une utilisation plus responsable et plus éthique du numérique. Avec 70 % de la population africaine qui a moins de 25 ans, il est impératif de renforcer l’éducation numérique et la bonne compréhension des outils de la technologie, et ce, dès le bas âge.

En termes de coûts, combien coûtent les cyberattaques ?

Des experts estiment que plus de 4 milliards de dollars ont été investis pour arrêter la cybercriminalité en Afrique. Néanmoins, nous pensons que ces chiffres-là peuvent être revus. Il y a encore un problème de traçabilité et d’absence de données fiables. Cela reste aussi un grand défi à relever avec l’appui des États. 

Propos recueillis par Abdoulaye Sène

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