Cybercriminalité : « aucun pays n’est à l’abri. On peut contrôler les réseaux sociaux au Sénégal »

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Cybercriminalité : « aucun pays n’est à l’abri. On peut contrôler les réseaux sociaux au Sénégal »

Les dérives sur les réseaux sociaux et l’arrestation des cybercriminels par les forces de l’ordre sont devenues fréquentes au Sénégal. Ces dérives n’épargnent personnes. Tout le monde est victime soit d’attaques, de chantage ou de diffusion de données à caractères personnelles. Face à ces dérives, PressAfrik a tendu son micro à l’Ingénieur et expert en cyber sécurité, Pape Gora Samb, établi aux Etats-Unis et diplômé de l’Advanced Software Analysis College et de la Pace University. Dans cette interview, M. Samb soutient qu’ « aucun pays, aucune organisation ni entreprise n’est à l’abri des cyber-attaques ». Mais, pour le Sénégal, il affirme qu’il est bel et bien possible de contrôler les réseaux sociaux, avant de donner des conseils aux usagers.

PRESSAFRIK : Vous êtes expert en cyber sécurité. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous spécialiser dans ce domaine ?

Pape Gora Samb : Comme que j’ai fait mes humanités au Sénégal, je suis allé approfondir mes études au niveau supérieur en informatique aux Etats-Unis. Après l’obtention de ma licence, j’ai poursuivi mes études pour avoir mon master en cyber sécurité. Du coup, c’est simplement la curiosité d’abord et la passion que je dégageais pour la cyber sécurité. Ces conditions réunies, je devrais quelle filiale suivre. La première était la programmation et il y avait les mathématiques. Mais j’ai choisi la cyber sécurité qui est une passion pour moi.

Avec l’évolution fulgurante des nouvelles technologies, sommes-nous à l’abri de cyber attaque ?

Il y a aucun pays, aucune organisation ni entreprise qui est à l’abri des cyber attaques. Ce qui vous permet d’avoir la sécurité minimum, comme en cyber sécurité, c’est une bonne confidentialité, une bonne intégrité et de la disponibilité. Pour se défendre, il faut avoir une bonne cyber sécurité d’abord, ensuite des stratégies définies, des business plan bien définis pour pouvoir défendre le réseau, mais savoir subvenir en cas d’attaque.

Que dire des pays comme le Sénégal ?

Le Sénégal est un pays qui est très établi dans le numérique. Ils font des choses importantes en matière de numérique. On peut le dire puisse que si le Sénégal a atteint 12% lors du Sénégal numérique 2022 (Sn 2022) mais qui a été réactualisé récemment avec la Sn 2025. Donc, on peut dire que le Sénégal est en train de faire un travail extraordinaire sur le plan du numérique. Mais on a vu sur le plan stratégique 2025, lors des prérequis et spécialement le prérequis action-311 de Sn 2025 (Création de la structure nationale en charge de la cyber sécurité, ndlr), on nous dit que le Sénégal ne dispose pas d’une agence en charge de la cyber sécurité. C’est ça qui me préoccupe au niveau étatique et je pense que nos autorités doivent pouvoir mettre une agence sur place pour qu’on puisse avoir des stratégies bien définies au niveau des agences, des ministères mais aussi pour les entreprises.

Récemment, on vous a entendu parler de la création d’une structure nationale. Pourquoi faire ?

Cette structure nationale va aider non seulement les entreprises mais aider l’Etat dans tous les niveaux, puisque pour parler de la cyber sécurité, il faut avoir de l’architecture ce qu’on appelle la stratégie. Une stratégie bien définie. Par exemple, prenons le ministère de l’Intérieur, est-ce qu’ils ont une stratégie en matière de cybersécurité ? Qu’est-ce qu’ils ont en place ? Qu’est-ce qu’ils ont mis ? C’est ça la stratégie qui est définie. Et, cette stratégie doit être accompagnée par un dynamisme bien établi par l’action-311 au niveau de la SN 2025 (Sénégal numérique 2025).

Peut-on contrôler les réseaux sociaux au Sénégal pour lutter contre les dérives ?

Absolument ! On peut bien contrôler les réseaux sociaux et lors de notre conférence au Radisson le 25 février dernier, on a pu démontrer techniquement comment contrecarrer ces dérives sur les réseaux sociaux. On peut contrôler les réseaux sociaux au Sénégal

Pour contrôler les réseaux sociaux, on a eu un plan stratégique qui englobe 17 points pour contrôler efficacement les réseaux sociaux. On peut en citer trois points essentiels qui sont d’abord, l’artificiel intelligence et le machine learning qui aide à sauvegarder les images, les vidéos de nos chefs religieux et de nos chefs traditionnels sur une base de données communes.

Ensuite, il faut avoir une autre base de données pour avoir le ID-Win (identification Windows, NDLR) qui permet de contrecarrer toute personne qui peut atteindre le niveau étatique ou le niveau sociétal. Il y a aussi une autre base de données qui va permettre d’organiser l’algorithme pour permettre qu’aucune insulte ne pourra passer au niveau des réseaux sociaux. De ce fait, quand on a ces trois bases de données connectées to the network middle, on a aussi le mobile IP protocole qui permet d’identifier tout individu par le bais de l’IP adresse.

On a aussi préconisé ce qu’on appelle la télémétrie qui va permettre de pouvoir non seulement de recevoir des données venant d’un individu ou d’un groupe d’individu mais aussi de concocter ces données de l’avoir comme en loud, mais aussi en analytique pour que les agents de l’Etat puissent avoir une analytique bien définie pour avoir lutter efficacement contre ces dérives sur les réseaux sociaux.

La méthode qu’utilise la sûreté urbaine afin d’arriver à ces multiples arrestations sur les réseaux sociaux notamment Facebook est-elle efficace ?

Je ne dirai pas que ce n’est pas une méthode efficace. C’est une méthode efficace puisqu’il permet d’arrêter certaines dérives sur les réseaux sociaux. Mais il y a des méthodes beaucoup plus efficaces qui ne sont pas des méthodes dites sapeurs-pompiers, là ce sont des méthodes qui viennent après que l’insulte s’est faite, après que le dérive ait fait ?

Que peut apporter le récent data center inaugurer au Sénégal avec la gestion des données personnelles ?

Pour avoir une structure dynamique du cloud, il faut de bon data center puisque chaque cloud structure est relié directement avec un data center supplémentaire. Donc, on ne peut pas discuter du cloud technologie, ni discuter du numérique sans pour avoir efficacement des data center extraordinaires pour pouvoir sauvegarder nos données d’une manière souveraine au niveau internationale.

Quels conseils donnerez-vous aux usagers des NTIC pour se protéger ?

Cette question est très importante puisque chacun de nous a son rôle à jouer par rapport à cela. La protection d’un individu à utiliser les réseaux sociaux ou bien le matériel électronique, il va falloir faire très attention à ne pas cliquer sur des liens suspicieux, savoir comment vérifier ces liens parce que maintenant les gens ont tendance à envoyer des liens. Moi je n’ouvre pas des liens sur mon téléphone téléphone portable puisque ce n’est pas sécurisé. Ce n’est pas même utile de cliquer sur des liens sur ton téléphone, non.

(Source : Pressafrik, 3 mars 2023)

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